Pour une prise de notes + efficace

Bien que l’année scolaire touche à sa fin, je voulais ajouter un billet sur la prise de notes, un talent bien utile et pourtant souvent laissé en friche, autant par les étudiants que par les professionnels, dans un monde où la technologie semble capable de résoudre tous les problèmes.

La prise de notes est la première étape vers l’appropriation du savoir

college-students-taking-notes-classroomSelon une étude publiée dans la revue « Psychological Science » en avril 2014, la prise de notes à la main favorise la compréhension. Les chercheurs montrent aussi que les étudiants qui prennent leurs notes directement sur un ordinateur ont tendance à recopier textuellement et sont donc moins capables de reformuler les informations présentées.

Que vous soyez étudiant ou professionnel, la prise de notes est un outil indispensable. En effet, nous oublions jusqu’à 80 % de l’information que nous entendons ou lisons. Pour pallier ce défaut de mémorisation et afin de pouvoir restituer de façon objective et claire la pensée d’un conférencier, d’un enseignant ou d’un auteur, vous trouverez quelques principes de base pour une prise de notes efficace.

Prendre des notes, c’est avant tout retenir l’essentiel d’un cours ou d’un exposé

Que ce soit en vue de réaliser un compte-rendu ou un rapport, prendre des notes reste un exercice difficile, car il faut faire deux choses à la fois : écouter et écrire. En outre, il y a un gros décalage entre le débit oral moyen qui est de 150 mots à la minute et le rythme de la rédaction qui est de 27 mots à la minute.

Il ne s’agit donc pas de tout noter ni même de chercher à en noter le maximum, mais bien de ne saisir que l’essentiel. La prise de notes consiste d’abord en un travail de sélection et de synthèse du discours avant sa restitution sur le papier.

Votre prise de notes doit avoir deux objectifs :

  • Figer la pensée de l’auteur d’un discours ou d’un texte sur le papier, afin de pouvoir vous souvenir de ce contenu lors de la relecture de vos notes.
  • Isoler la substantifique moelle du discours afin de faciliter votre assimilation et votre mémorisation.

Voici 7 étapes clés pour une prise de notes efficace :

 1. Avant tout, être attentif et se mettre en mode « écoute »

Fermez votre cellulaire et oubliez les réseaux sociaux le temps de la rencontre. Choisissez votre place dans la salle pour bien voir, sans être distrait ni dérangé.

Rappelez-vous qu’il faut seulement prendre en notes les idées essentielles et laisser de côté les exemples, sauf s’ils sont susceptibles d’apporter un complément d’information. Donc, avant de commencer à noter quoi que ce soit, écoutez et assurez-vous que vous avez bien compris le contenu du message.

 2. Comprendre ce que l’on va prendre en note

Pour être efficace, la prise de notes suppose d’avoir été préparée. Pour cela, vous devriez vous informer au minimum de quoi il va être question.

Avant un cours, consultez le plan de cours et les lectures recommandées. Avant une réunion, récupérez l’ordre du jour et les compte-rendu des interventions précédentes. Avant une conférence, essayez de vous procurer le plan de l’intervention de l’orateur, renseignez-vous sur lui sur Internet. Vous identifierez des éléments en rapport avec le thème abordé. Vous vous familiariserez ainsi avec les sujets, le jargon, un style. Et votre compréhension en sera facilitée.

 3. Choisir l’outil qui vous convient

Pour être à l’aise durant la prise de notes, munissez-vous d’un petit cahier ou d’un bloc de papier pour éviter les feuilles volantes. Évitez les stylos de couleurs différentes, qui vous obligeraient à jongler durant la rédaction. Si vous maniez bien l’écriture numérique (tablette, smartphone ou PC), vérifiez que tout fonctionne, avec les logiciels adéquats.

4. Utiliser abréviations et symboles sans modération

Pour noter plus vite, il faut vous débarrasser de tout ce qui n’est pas indispensable à la compréhension. Autrement dit, à bas les articles et vive les verbes à l’infinitif! Ayez le plus souvent recours aux abréviations. N’essayez pas d’écrire les mots en entier, c’est une perte de temps. Vous pouvez par exemple décider d’écrire gvt pour gouvernement ou W pour travail. Utilisez des signes mathématiques (=, +, ≥… )

À chacun sa méthode, mais quand vous aurez choisi une abréviation, vous devrez vous y tenir, au risque de ne plus vous y retrouver quand vous relirez vos notes.

5. Rédiger avec la méthode linéaire

C’est la méthode la plus pratique si vous n’avez pu eu le temps de vous préparer :

  • Notez les idées dans le même ordre que celui de la présentation. Restez attentifs aux développements suivant les grands titres, ils résument souvent l’idée essentielle du développement à venir
  • Gardez une marge pour ajouter des remarques durant l’exposé, ce qui vous évitera de les gribouiller n’importe où. Notez les expressions et phrases clés répétées plusieurs fois, car elles marquent l’insistance sur une idée, sur un point phare de la présentation.
  • Décalez les titres et les sous-titres vers la droite selon leur niveau d’importance, pour visualiser en un coup d’œil le plan. Indiquez les informations à retenir par des flèches.

Si vous avez pris le temps de vous préparer soigneusement à la prise de notes, vous pouvez  choisir de rédiger selon la méthode non-linéaire, qui demande à la fois créativité et logique :

  • La carte mentale convient bien à ceux qui ont l’esprit de synthèse. Il s’agit de poser le sujet central au milieu de sa page puis de développer des branches au fur et à mesure de la discussion. L’avantage est de pouvoir se concentrer sur les idées exposées et non sur les termes prononcés.ec801f38094beb2833e56fb35c944e69.jpg
  • Faites des schémas et des tableaux pour une plus grande compréhension et une prise de notes plus rapide.

6. Écrire ce qui n’est pas mémorisable

Notez les noms, les dates, les valeurs numériques, quitte à faire répéter l’intervenant.

7. Relire et compléter vos notes dans les 24 h.

Passé ce délai, vous aurez déjà oublié 50 % de ce vous avez entendu. Pour compléter vos notes, ajoutez des liens logiques, mettez de la couleur, surlignez les points capitaux. N’attendez pas une semaine avant de vous relire, au risque de ne plus rien y comprendre.

Ce travail de relecture est essentiel, afin de pouvoir corriger et compléter vos notes tant que le contenu de la présentation est encore frais dans votre mémoire.

Derniers conseils

  • Soyez ouvert et objectif : Votre jugement personnel sur le sujet abordé ne devrait pas entrer en ligne de compte dans votre prise de notes.
  • Ne tentez pas de paraphraser : Il est plus facile et plus rapide de  reformuler avec vos propres mots. Vos notes iront ainsi directement à l’essentiel. C’est lors de la relecture finale que vous pourrez ajouter des notes et des commentaires.
  • Une bonne présentation est censée rappeler 3 fois les points importants : Vous devriez donc avoir la possibilité de compléter vos notes tout au long de la présentation, sur la base du plan annoncé en introduction, durant le développement des idées et à la conclusion. Posez des questions à la fin de la présentation, si vous avez besoin de compléter vos notes
  • L’orateur est votre ami : De nombreux indices vous permettront de cerner les idées essentielles qu’il veut vous transmettre. Son non-verbal (gestes, posture, ton de sa voix) indique souvent une notion importante. Un élément de la présentation peut aussi être souligné ou mis en évidence par de la couleur ou sa position.
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L’art du résumé (2)

Résumé, compte rendu ou commentaire, comment les distinguer?

Premièrement, précisons que résumé et compte rendu désignent souvent la même chose. Par contre, il existe plusieurs types de résumés (ou comptes rendus) selon la profondeur de l’analyse demandée. Quant au commentaire, il s’agit d’un travail s’intéressant à un seul aspect de l’article original et il cherche donc à répondre à une question précise.

Quel que soit le travail à faire, les étapes préparatoires demeurent les mêmes :

Étape 1 : lire le texte en entier, afin d’en prendre connaissance. À cette étape, vous devriez chercher dans un dictionnaire la signification des mots que vous ne connaîtriez pas.

Étape 2 : relire le texte et repérer les mots clés et les idées principales. Notez-les sur une feuille, en compagnie des mots de liaison, qui vous permettront de mettre au jour la structure interne du texte.

Étape 3 : compter le nombre de mots du texte d’origine (approximativement, en comptant le nombre de mots par ligne dans une dizaine de lignes prises au hasard et en multipliant le nombre moyen de mots ainsi obtenu par le nombre de lignes du texte). Rappelons que certains logiciels (dont CountAnything, sur PC) permettent de vous indiquer le nombre de mots d’un texte obtenu au format pdf ou autre.

Étape 4 : rédiger.

 

Étude de cas

Avant de poursuivre votre lecture, je vous invite à lire l’article ci-dessous :

« Les épées de Damas : une légende forgée dans l’acier », Guerres & Histoire, n° 21, octobre 2014, Mondadori France, pp. 80 à 82 (GH21p80, GH21p81, GH21p82)

  1. Avez-vous rencontré des difficultés et cherché des mots inconnus?
  2. Avez-vous repéré les mots clés et noté les idées principales?
  3. Avez-vous un objectif à atteindre (sur les 1445 mots estimés)?
  4. Êtes-vous prêts à rédiger?

 

  1. Le résumé informatif (longueur visée : 10% du texte original)

Les épées de Damas étaient, au Moyen Âge, les meilleures armes disponibles. Elles ont été découvertes par les Occidentaux durant la IIIe croisade (1189-1192), alors qu’ils affrontaient les armées de Saladin. Il s’agit d’épées droites à double tranchant en acier, mais leur lame ne brille pas : l’acier est terne et strié de millions de lignes sinueuses. L’alliage spécial propre à ces épées provenait du sud de l’Inde et de l’actuel Sri Lanka où le minerai était fondu à une température de 1400°, exceptionnelle pour l’époque. Vu leur qualité (et leur prix), ces lames étaient réservées aux seigneurs.

Au XVIIIe siècle, le secret de la fabrication des lames de Damas se perd, probablement en raison de l’épuisement des mines qui fournissaient le minerai unique nécessaire. En 1993, un métallurgiste américain parvient à retrouver le procédé de fabrication, recherché depuis 1924.

140 mots

 

  1. Le résumé analytique (longueur visée : 20% du texte original; ajouts en rouge)

Les épées de Damas étaient, au Moyen Âge, les meilleures armes disponibles. Elles ont été découvertes par les Occidentaux durant la IIIe croisade (1189-1192), alors qu’ils affrontaient les armées de Saladin. Il s’agit d’épées droites à double tranchant en acier, mais leur lame ne brille pas : l’acier (appelé wootz, un mélange de fer et de carbone contenant des traces de vanadium) est terne et strié de millions de lignes sinueuses. L’alliage spécial propre à ces épées provenait du sud de l’Inde et de l’actuel Sri Lanka où le minerai était fondu à une température de 1400° qui était atteinte grâce à des hauts fourneaux placés à flanc de montagne et alimentés en air par des tubes qui recueillaient des vents puissants et réguliers. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les métallurgistes européens ont pu atteindre les mêmes températures. Vu leur qualité (et leur prix), ces lames étaient réservées aux seigneurs.

Au XVIIIe siècle, le secret de la fabrication des lames de Damas se perd, probablement en raison de l’épuisement des mines qui fournissaient le minerai unique nécessaire et de l’essor des armes à feu. En 1993, un métallurgiste américain parvient à retrouver le procédé de fabrication, recherché depuis 1924, date à laquelle la composition précise de l’alliage a été découverte.

En conclusion, le savoir-faire empirique des artisans indiens aura aiguillonné pendant des siècles les recherches des artisans européens, menant à l’essor de l’artillerie. De plus, il s’agit d’un des premiers exemples de mondialisation : les lames de Damas étant exportées dans le monde entier.

264 mots

 

  1. Le résumé critique (selon la longueur visée, choisir le premier ou le deuxième résumé, puis ajouter une partie critique)

Si cet article regorge d’informations, je regrette toutefois que certaines pistes soient lancées et non explorées. Ainsi, l’auteur indique que les exportations de wootz expliqueraient l’exceptionnelle qualité de certaines épées vikings entre le IXe et le XIe siècles, sans cependant préciser ce que ces dernières ont de remarquable. De la même manière, il prétend que le wootz était plus recherché que l’or, sans étayer cette information. Enfin, s’il spécifie dans le sous-titre qu’il n’est pas question de sorcellerie, il fait tout de même mention de la valeur surnaturelle attribuée à ces armes, qui seraient capables de guérir les blessures. Par contre, j’ai aimé que l’auteur ne se contente pas d’une partie historique et qu’il précise ce que sont devenues ces armes : des objets de collection, certes, mais aussi des objets de recherche. La réussite des artisans indiens est d’autant plus remarquable que ces armes n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

+ 152 mots

Note : S’il s’agissait d’un texte argumentatif, ma critique porterait sur les problèmes relevés dans l’argumentation et non seulement sur les faits présentés.

 

  1. Le commentaire (longueur visée : 25% du texte original)

Pourquoi les épées de Damas sont devenues légendaires?

Ces épées ont été découvertes par les Occidentaux lors de la IIIe croisade (1189-1192) alors que les armées de Saladin, plutôt que d’affronter la puissante cavalerie européenne, adoptaient la tactique du harcèlement pour séparer les unités. Ces lames à double tranchant permettaient de porter des coups de taille (de bas en haut), mais aussi d’estoc (coups pénétrants) puisque leur extrémité était dure et pointue. Cette multifonctionnalité, couplée avec la résistance de la lame, en faisait une arme redoutable, réservée aux seigneurs vu son prix.

Malgré leur nom, ces épées ne provenaient pas de Damas mais plutôt du sud de l’Inde et de Ceylan, où un alliage (appelé wootz) de fer et de carbone comportant des traces de vanadium était porté à des températures incroyables pour l’époque (1400°) grâce à des hauts fourneaux installés à flanc de montagne et alimentés par de forts vents. Les métallurgistes de la région étaient à ce point célèbres que leurs armes étaient recherchées dans le monde entier. D’ailleurs, les lingots de wootz ont été exportés par caravane ou par la mer vers la Chine, la Perse, le Proche-Orient, la Russie et la Scandinavie.

À l’époque, les étranges motifs qui se trouvent sur ces lames ternes, qui s’expliquent par la présence de vanadium dans le minerai de fer, donnaient aux lames une valeur surnaturelle. On les prétendait capable de guérir les blessures. Autant que la qualité des lames, de telles superstitions ont contribué à faire la renommée de ces armes.

À l’heure actuelle, c’est également leur rareté qui leur donne une valeur supplémentaire. En effet, des milliers d’épées en wootz ont été détruites par les Britanniques après la révolte des cipayes en 1857. Puisque le savoir-faire nécessaire s’est éteint au XVIIIe siècle et que les mines sont épuisées, les armes restantes sont autant de trésors historiques à protéger.

Si les critères qui distinguent les épées de Damas des autres armes de l’époque sont exposés et expliqués, il aurait pu être souhaitable d’indiquer comment elles sont devenues légendaires. Les chevaliers de l’époque s’extasiaient-ils devant les armes de leurs adversaires ou sont-elles devenues célèbres plus tard?

356 mots

Note : Puisqu’il s’agit d’un texte informatif (et non argumentatif), ma partie critique est plus courte qu’elle ne devrait l’être. Dans un texte argumentatif, j’aurais pu soulever les failles dans le raisonnement.

 

L’art du résumé (1)

Comment trouver les idées principales?

Qu’il s’agisse de prendre des notes ou de rédiger un résumé, il est important de savoir trouver les idées principales d’un cours (oral) ou d’un texte (lecture).

Voici une méthode éprouvée reprise par de nombreux sites :

Avant de commencer, il faut toutefois distinguer le sujet (du cours ou du texte) de l’idée principale en posant la question : « De qui ou de quoi parle-t-on dans ce texte ou ce paragraphe? » La réponse à cette question est le sujet du texte, et non une idée principale.

Pour trouver une idée principale explicite, se poser la question : « De qui ou de quoi parle-t-on? » puis choisir une phrase qui pourrait représenter l’idée principale du paragraphe : « Quelle phrase représente les informations importantes et inclut le sujet? ». Ensuite, valider ce choix en se demandant : « Est-ce que presque toutes les phrases peuvent se rattacher à la phrase contenant l’idée principale? » (exemples ou détails complémentaires).

L’idée principale se trouve souvent au début du paragraphe, mais peut également se trouver au milieu ou à la fin. Dans les trois exemples ci-dessous, les phrases contenant l’idée principale sont soulignées :

Humaniste honorée internationalement, Lucile Teasdale a été l’une des premières femmes chirurgiens du Canada. En 1985, elle a contracté le SIDA dans le cadre de son travail en Ouganda. Malgré sa maladie, elle a continué de soigner les blessés jusqu’à 1993, trois ans avant sa mort.

Le corail a créé un récif où vivent plus de 200 espèces d’oiseaux et environ 1 500 genres de poissons. En fait, la grande barrière de Corail procure un habitat à une foule d’animaux intéressants. Parmi ces animaux, mentionnons les tortues de mer, les grands bénitiers, les crabes et les couronnes d’épines.

 Il fait nuit six mois par an en Antarctique, de la mi-mars à la mi-septembre. Toute l’année, le continent est couvert de glace qui reflète la lumière du soleil, mais le temps ne se réchauffe jamais vraiment. En fait, la température la plus froide jamais enregistrée l’a été en Antarctique. L’Antarctique possède un des environnements les plus hostiles au monde.

Pour trouver une idée principale implicite (sous-entendue, mais non formulée), se poser la question : « De qui ou de quoi parle-t-on? » puis choisir les éléments essentiels de ce qui est dit sur le sujet en se demandant : « Quelle est la chose la plus importante que l’auteur veut me dire dans son texte? ». Rédiger une phrase qui inclut le sujet et les points saillants du paragraphe. Ensuite, afin de valider l’exactitude du résultat, se demander : « Est-ce que les autres phrases se rattachent à la phrase rédigée? »

Ainsi, dans le paragraphe suivant,

Le plus gros hippocampe jamais observé mesurait 45 cm de long. Les gros hippocampes vivent sur les côtes, de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie et de la Californie. Les petits hippocampes vivent au large de la Floride, dans la mer des Caraïbes et dans le golfe du Mexique. Le plus petit hippocampe adulte jamais trouvé mesurait seulement 1,3 cm de long.

l’idée principale implicite est que la taille des hippocampes varie en fonction de la région où ils vivent (vous l’aviez trouvé, bien sûr!).

MIEUX S’ORGANISER POUR RÉUSSIR

Une courte enquête auprès de nos étudiants a démontré que leurs préoccupations tournent autour de trois grands axes lorsqu’il est question de leur réussite : comment s’organiser pour avoir le temps de tout faire dans une semaine, comment prendre des notes et réviser efficacement et comment gérer le stress.

Voici des éléments de réponse à ces trois problématiques:

Organisation

  • Sur votre calendrier, indiquez les moments où vous travaillez, où vous êtes en cours, où vous faites du sport, etc. Plus votre calendrier est occupé, moins vous aurez de temps pour procrastiner.
  • Déterminer la période où vous êtes le plus efficace pour travailler, et se la réserver chaque jour. Avec DeskTime, vous pourrez mieux vous connaître, calculer votre productivité quotidienne et savoir quels sites vous font perdre du temps.
  • Réserver un espace de travail distinct, dénué de toute distraction (pas de travail sur la table de la cuisine ou à proximité du salon où tout le monde regarde la télé).
  • Espacer les révisions : passer une nuit blanche avant l’examen pour réviser n’est pas efficace. Comme on retient un peu plus à chaque fois, mieux vaut plusieurs petites périodes de travail qu’une longue.
  • À cet effet, certaines études démontrent qu’après trente minutes, nous ne sommes plus suffisamment attentifs. La méthode Pomodoro , mise au point à la fin des années 1980 et qui a largement fait ses preuves en terme de productivité, peut vous être très profitable. En plus, cette méthode vous permet de prendre une pause pour bouger un peu, ce qui évite bien des risques pour la santé.
  • Il est d’ailleurs recommandé de prendre une pause de 5 à 10 minutes après chaque heure passée dans la même position à travailler. Il faudrait si possible se lever et marcher pendant ce temps (pour faire des tâches qui s’exécutent debout ou en marchant, ou qui requièrent un changement de position du corps). Vous pouvez en profiter en même temps pour pratiquer des étirements.
  • Établissez des listes des choses à faire, en séparant les tâches en petites unités faciles (donc plutôt que « rendre le devoir pour le 12 », écrivez plutôt « lire les articles pour le 8 », « faire le plan et sortir les idées principales pour le 9 », « écrire l’introduction et la première partie pour le 10 », « écrire la deuxième partie et la conclusion pour le 11 », « relire une dernière fois le matin du 12 »). Cela évite le découragement.
  • Pour tenir vos listes à jour sans encombrer inutilement votre calendrier, il existe plusieurs applications, mais ma préférée est Wunderlist, qui se synchronise entre vos divers appareils (ordinateur, téléphone, etc.).
  • Enfin, certains étudiants aiment écouter de la musique puisqu’elle les aide à se couper du monde extérieur. Si c’est votre cas, choisissez votre musique soigneusement : si vous chantez en même temps que vous étudiez, votre attention sera divisée.

Prise de notes et révision

Idéalement, vous avez, avant le cours, préparé les lectures obligatoires ou le sujet qui sera traité. Il est bien plus facile de comprendre et de retenir la matière quand vous avez une base à laquelle vous rattacher.

Essayez aussi de trouver le fil conducteur, donc la manière dont les nouvelles connaissances complètent la matière vue précédemment ou dans d’autres cours.

Enfin, n’oubliez pas d’exercer votre esprit critique.

La prise de notes

  • La méthode de prise de notes qui a fait ses preuves est la méthode Cornell. Il existe des gabarits disponibles sur Internet. Elle comporte six étapes : noter, réduire, réciter, réfléchir, réviser, résumer.
  • Si cette méthode ne vous convient pas, vous pourriez vouloir recourir à la méthode dite de la prise de notes fonctionnelle.
  • Quelle que soit la méthode retenue, vous devriez noter les titres, les expressions et phrases répétées à plusieurs reprises; porter attention aux connecteurs, qui permettent de mieux comprendre la logique; noter la conclusion, qui permet souvent de résumer le débat et de déduire la position de l’auteur.
  • Quand vous lisez un article scientifique, vous pouvez recourir à un code couleur en prenant des notes (les titres d’une couleur, les idées à retenir d’une autre, les sources citées d’une troisième par exemple). Là encore, ne vous contentez pas de lire votre article, mais réfléchissez, interrogez-vous sur les implications du texte, résumez-le et révisez vos notes par la suite.
  • Qu’il s’agisse d’un cours ou d’une lecture, noter les mots-clés facilitera la rédaction du résumé par la suite. Faire un résumé permet d’accroître le taux de rétention puisque environ 50 % des informations sont oubliées dans l’heure qui suit.
  • Certains étudiants aiment le recours aux cartes conceptuelles. Elles peuvent être plus longues à préparer qu’un résumé, mais leur côté visuel aide.

Les révisions

  • Comme notre cerveau trie les informations la nuit, il peut être utile de réviser avant de se coucher. Par contre, rien ne sert de simplement relire, il faut se poser des questions, soit à partir des mots-clés notés (méthode Cornell), soit en fabriquant des « flash cards ».
  • Si vous faites vos propres cartes, certains étudiants trouvent utile d’associer des concepts à des images (moyen mnémotechnique).
  • Expliquer la matière aux autres est aussi un bon moyen de vous assurer que vous avez compris. Pour cela, travailler en groupe peut être une bonne chose : chacun pourra ajouter des détails ou valider les informations que vous avancez.

Gestion du stress

  • Pour mieux gérer votre stress, l’essentiel c’est de ne pas avoir l’impression de manquer de temps. L’organisation est donc primordiale! Par ailleurs, il ne faut pas non plus négliger vos loisirs : pratiquer régulièrement un sport et garder du temps pour sortir est nécessaire.
  • Dans un deuxième temps, il est nécessaire de se rappeler que ce n’est pas vous personnellement qui êtes noté, mais que votre note reflète simplement l’état de vos apprentissages à un moment donné. Ne vous fixez donc pas un objectif en termes de note, mais voyez plutôt les apprentissages réalisés.
  • Apprenez à voir le côté positif de vos déceptions. Un acronyme anglais bien connu indique que « FAIL is a First Attempt In Learning ».
  • Aussi, de nombreux sites vantent les mérites de la pratique régulière de la méditation, qui permet par la suite de compter sur des exercices de respiration pour apaiser vos craintes. RespiRelax, Petit Bambou (en français), Headspace, Calm et Pacifica (en anglais).
  • Enfin, il existe un outil éducatif de gestion du stress et des émotions axé sur la résolution de problèmes créé spécialement pour les étudiants, sous la forme d’une application gratuite.
  • Si vous n’aimez pas beaucoup les applications, vous pouvez tenir un journal réflexif pour vous aider. Dans un tel journal, vous noterez les difficultés rencontrées, les méthodes trouvées pour les surmonter, vos émotions, vos craintes, mais aussi vos forces. Par la suite, vous pourrez voir émerger des tendances et des solutions qui fonctionnent pour vous.

Prenez le temps de réfléchir à votre situation et demandez-vous quels éléments mettre en place afin de vous simplifier la vie. N’hésitez pas à essayer certaines solutions proposées, même si vous jugez votre technique actuelle efficace : parfois, le changement est une bonne chose.

SE CULTIVER… DEVANT LA TV!

Sans vouloir vous inciter à passer encore plus de temps assis devant un écran, je suis tombée récemment sur un article fort intéressant d’une personne qui a établi une liste de films à voir pour découvrir l’histoire américaine. Certes, les films sont souvent romancés et prennent des libertés avec l’histoire, mais, au moins, cela permet de prendre connaissance de certains faits importants.

C’est dans cet esprit que je vous invite à consulter la liste ci-dessous : en attendant la neige, pourquoi ne pas apprendre un peu au coin du feu?

L’histoire américaine

Vous trouverez ici la sélection de Robin Sampson. Prenez le temps de consulter son fichier pdf sur les événements marquants de l’histoire américaine, qui lui a servi de base de travail. Notez que certains films sont aussi disponibles sur YouTube ou Dailymotion.

L’histoire britannique

Si vous vous intéressez plutôt à l’histoire britannique, regardez A history of Britain (14 épisodes d’une heure), une série disponible gratuitement sur Dailymotion.

Pour une vision plus humoristique, Blackadder (La vipère noire, 27 épisodes), sur YouTube, retrace les faits historiques marquants de 1485 à 1917. Enfin, Horrible histories (une émission pour enfants de la BBC) propose des chansons absolument délicieuses sur toutes sortes de sujets. Ma préférée? Elle permet de retenir le nom (et le sort) des six femmes d’Henri VIII.

L’histoire de France

Vous trouverez ici une sélection de cinquante-cinq films illustrant des passages marquants de l’histoire de France.

Ceci dit, si l’histoire ne vous intéresse pas, ne désespérez pas pour autant. Allumez votre ordinateur et allez consulter certaines chaînes YouTube.

L’économie

Passionné d’économie? Abonnez-vous à EconStories. Les capsules EconPop, notamment, sont intéressantes, puisqu’elles décryptent les phénomènes économiques des films. D’autres capsules permettent de retenir plus facilement les théories de grands économistes… grâce au rap.

Culture générale

Enfin, si vous êtes curieux de tout ou avide de culture générale, de nombreux cours sont disponibles en français auprès de la Khan Academy. Cet organisme créé en 2006 a pour ambition de mettre la culture à portée de tous et propose des cours sur toutes sortes de sujets.

Apprendre une langue étrangère

Plusieurs études le démontrent : si vous voulez apprendre une langue étrangère (ou préserver vos connaissances), la TV peut vous y aider.

L’anglais : Pour entretenir votre anglais, aucun problème, vous avez accès aux chaînes canadiennes et américaines.

Si vous voulez l’apprendre ou progresser, par contre, certains sites proposent la définition de certains mots plus difficiles, afin de vous aider à comprendre, mais aussi de développer votre vocabulaire. Deux possibilités s’offrent à vous : smartsubs.fr[1] et fleex.tv[2].

L’espagnol : Saviez-vous que la BBC donne des cours d’espagnol sur son site Internet? Bien que la page soit archivée, elle contient une mine d’informations.

Sinon, vous pouvez aussi regarder des émissions sous-titrées pour sourds et malentendants (ce qui signifie que la bande son devrait correspondre mot pour mot aux sous-titres) à partir du site suivant : http://www.rtve.es/television/series-tve/ (choisir l’option con subtitulos).

Vous aurez sûrement compris le principe : quel que soit le sujet qui vous intéresse, il y a fort à parier que des films, des séries télévisées ou des sites éducatifs n’attendent qu’à assouvir votre soif de savoir. Qui a dit que la culture devait être aride?

[1]     Pour en savoir plus sur smartsubs (créé en mars 2015), vous pouvez lire l’article suivant .

[2]     Pour en savoir plus sur fleex (créé mi 2014), vous pouvez lire l’article suivant.