Non à la procrastination

2016 procrastination

Si vous êtes un procrastinateur éhonté, vous remettrez à plus tard la lecture de cet article, et vous aurez tort…

La procrastination est un cercle vicieux. Voici comment vous en sortir en sept étapes faciles et efficaces, pour commencer l’année 2016 avec de bonnes résolutions.

Apprenez à vous connaître

Êtes-vous plutôt Facebook ou YouTube? Vous prétendez-vous adepte du multitasking et à tout vouloir faire, vous ne terminez rien? Que faites-vous sur votre ordinateur, plutôt que de travailler?

Pour tout savoir, installez le logiciel DeskTime. Il est gratuit pour les usagers individuels et analyse en temps réel tout ce que vous faites sur votre ordinateur. Tout est consigné en trois catégories : les applications productives (Word, Excel, etc.), les applications neutres (vos courriels, Google) et les applications non productives.

DeskTime calcule ensuite le temps passé sur chaque type d’application, place le tout sur un graphique et vous indique un pourcentage d’efficacité quotidien.

Il peut être utile de le configurer les premiers jours (changer les catégories des différents sites et applications) pour que le calcul soit plus précis. Par la suite, consultez-le chaque jour et découvrez quelles sont les périodes de temps où vous n’êtes pas productif et quels sont les sites qui vous font perdre du temps.

Organisez votre espace de travail

Si vous avez tendance à procrastiner, toute excuse est bonne. Du coup, il est conseillé de n’avoir devant vous que les choses dont vous avez absolument besoin : un crayon, une feuille, un ordinateur. Ne gardez que le minimum. Rangez le reste derrière vous, à un endroit où vous ne le verrez pas et, surtout, mettez votre téléphone cellulaire à un endroit où vous ne l’entendrez pas non plus.

Si vous travaillez à la maison, ne vous mettez pas au travail en pyjama. Être habillé vous permet de vous mettre dans de meilleures conditions.

Planifiez vos journées

Puisque DeskTime vous indique les heures où vous êtes plus productif, prévoyez vos journées de travail en conséquence si vous le pouvez. L’idée est de vous mettre au travail tous les jours à heure fixe et de profiter au maximum de vos heures les plus productives.

Si vous n’êtes pas maître de votre horaire, tentez au moins de garder les tâches les plus exigeantes pour ces moments-là et fixez les réunions aux moments moins propices.

De la même manière, indiquez vos sorties et autres activités non professionnelles à votre agenda. Plus celui-ci sera plein, moins vous aurez l’impression de pouvoir vous permettre de procrastiner!

Éliminez toute distraction

Je le répète : rangez votre cellulaire à un endroit où vous ne l’entendrez pas. Fermez Outlook ou tout autre service de courriel et installez un logiciel (PC : http://getcoldturkey.com, Mac : http://selfcontrolapp.com) qui vous empêchera d’accéder à vos sites non productifs préférés (vous savez, ceux sur lesquels DeskTime indique que vous passez trop de temps?).

Ces logiciels sont d’une utilisation simplissime : vous entrez les sites auxquels vous ne voulez pas accéder ainsi que la durée de l’interdiction et voilà. Vous pouvez toujours vous servir d’Internet pour faire des recherches ou autre, mais les grugeurs de temps sont inaccessibles… si vous avez eu la volonté nécessaire pour les bloquer avant de commencer à travailler!

Découpez vos travaux à faire en petites tâches

Rien de plus décourageant qu’un gros travail puisqu’on se dit qu’on n’en verra jamais le bout. Par contre, votre gros travail peut sûrement se débiter en petites tranches bien plus accessibles.

Vous pouvez bien sûr faire votre répartition de tâches sur un bout de papier ou un fichier Word ou Excel, mais il y a mieux. Wunderlist est un logiciel gratuit qui s’installe sous Windows ou sous Mac, mais aussi sur un téléphone intelligent. Il s’agit d’une application qui gère des listes, que ce soit votre liste de choses à faire ou votre liste d’épicerie, toutes au même endroit, synchronisées entre vos différents appareils. Plus d’excuses, vous saurez toujours ce que vous aurez à faire et des rappels vous seront envoyés avant les échéances.

Wunderlist vous permet même de faire des listes à partager avec d’autres personnes, en cas de travail en équipe, par exemple.

Prévoyez des pauses

Personne ne peut travailler plus de deux heures d’affilée en restant concentré. Du coup, trouvez une durée qui vous convient et prévoyez des pauses après ce temps-là. Actuellement, la méthode Pomodoro a le vent dans les voiles. Elle prévoit des périodes de travail de 25 minutes suivies d’une pause de 5 ou 10 minutes (en alternance, 5 minutes après les périodes de travail impaires, 10 minutes après les périodes de travail paires).

Vous devriez trouver la motivation nécessaire pour travailler 25 minutes, non? En plus, si vos tâches sont bien planifiées, vous pourriez en ôter une de votre liste après chaque période de travail. Aussi, profitez de vos pauses pour faire un peu d’exercice (voir S’asseoir et mourir à petit feu : http://www.uhearst.ca/actualités/s’asseoir-et-mourir-à-petit-feu).

http://tomato-timer.com est une petite application web-based (donc sans installation) qui vous permet de lancer un minuteur de 25, 10 ou 5 minutes. Une sonnerie vous prévient quand le temps est écoulé. Vous pouvez donc vous concentrer sur autre chose que regarder l’heure!

Récompensez-vous

Toutes les études le disent : une fois votre objectif atteint (qu’il s’agisse de 25 minutes de travail ou d’une tâche à mener à bien), il faut vous récompenser. Il n’est pas ici question de vous offrir un voyage dans le Sud, mais de petites récompenses : lire un chapitre d’un bon livre, regarder un épisode d’une série télévisée, sortir marcher avec votre chien…

Ne soyez pas sévère avec vous-même : si votre objectif de temps est atteint sans procrastination, mais que votre tâche n’est pas terminée, vous méritez votre récompense.

MIEUX S’ORGANISER POUR RÉUSSIR

Une courte enquête auprès de nos étudiants a démontré que leurs préoccupations tournent autour de trois grands axes lorsqu’il est question de leur réussite : comment s’organiser pour avoir le temps de tout faire dans une semaine, comment prendre des notes et réviser efficacement et comment gérer le stress.

Voici des éléments de réponse à ces trois problématiques:

Organisation

  • Sur votre calendrier, indiquez les moments où vous travaillez, où vous êtes en cours, où vous faites du sport, etc. Plus votre calendrier est occupé, moins vous aurez de temps pour procrastiner.
  • Déterminer la période où vous êtes le plus efficace pour travailler, et se la réserver chaque jour. Avec DeskTime, vous pourrez mieux vous connaître, calculer votre productivité quotidienne et savoir quels sites vous font perdre du temps.
  • Réserver un espace de travail distinct, dénué de toute distraction (pas de travail sur la table de la cuisine ou à proximité du salon où tout le monde regarde la télé).
  • Espacer les révisions : passer une nuit blanche avant l’examen pour réviser n’est pas efficace. Comme on retient un peu plus à chaque fois, mieux vaut plusieurs petites périodes de travail qu’une longue.
  • À cet effet, certaines études démontrent qu’après trente minutes, nous ne sommes plus suffisamment attentifs. La méthode Pomodoro , mise au point à la fin des années 1980 et qui a largement fait ses preuves en terme de productivité, peut vous être très profitable. En plus, cette méthode vous permet de prendre une pause pour bouger un peu, ce qui évite bien des risques pour la santé.
  • Il est d’ailleurs recommandé de prendre une pause de 5 à 10 minutes après chaque heure passée dans la même position à travailler. Il faudrait si possible se lever et marcher pendant ce temps (pour faire des tâches qui s’exécutent debout ou en marchant, ou qui requièrent un changement de position du corps). Vous pouvez en profiter en même temps pour pratiquer des étirements.
  • Établissez des listes des choses à faire, en séparant les tâches en petites unités faciles (donc plutôt que « rendre le devoir pour le 12 », écrivez plutôt « lire les articles pour le 8 », « faire le plan et sortir les idées principales pour le 9 », « écrire l’introduction et la première partie pour le 10 », « écrire la deuxième partie et la conclusion pour le 11 », « relire une dernière fois le matin du 12 »). Cela évite le découragement.
  • Pour tenir vos listes à jour sans encombrer inutilement votre calendrier, il existe plusieurs applications, mais ma préférée est Wunderlist, qui se synchronise entre vos divers appareils (ordinateur, téléphone, etc.).
  • Enfin, certains étudiants aiment écouter de la musique puisqu’elle les aide à se couper du monde extérieur. Si c’est votre cas, choisissez votre musique soigneusement : si vous chantez en même temps que vous étudiez, votre attention sera divisée.

Prise de notes et révision

Idéalement, vous avez, avant le cours, préparé les lectures obligatoires ou le sujet qui sera traité. Il est bien plus facile de comprendre et de retenir la matière quand vous avez une base à laquelle vous rattacher.

Essayez aussi de trouver le fil conducteur, donc la manière dont les nouvelles connaissances complètent la matière vue précédemment ou dans d’autres cours.

Enfin, n’oubliez pas d’exercer votre esprit critique.

La prise de notes

  • La méthode de prise de notes qui a fait ses preuves est la méthode Cornell. Il existe des gabarits disponibles sur Internet. Elle comporte six étapes : noter, réduire, réciter, réfléchir, réviser, résumer.
  • Si cette méthode ne vous convient pas, vous pourriez vouloir recourir à la méthode dite de la prise de notes fonctionnelle.
  • Quelle que soit la méthode retenue, vous devriez noter les titres, les expressions et phrases répétées à plusieurs reprises; porter attention aux connecteurs, qui permettent de mieux comprendre la logique; noter la conclusion, qui permet souvent de résumer le débat et de déduire la position de l’auteur.
  • Quand vous lisez un article scientifique, vous pouvez recourir à un code couleur en prenant des notes (les titres d’une couleur, les idées à retenir d’une autre, les sources citées d’une troisième par exemple). Là encore, ne vous contentez pas de lire votre article, mais réfléchissez, interrogez-vous sur les implications du texte, résumez-le et révisez vos notes par la suite.
  • Qu’il s’agisse d’un cours ou d’une lecture, noter les mots-clés facilitera la rédaction du résumé par la suite. Faire un résumé permet d’accroître le taux de rétention puisque environ 50 % des informations sont oubliées dans l’heure qui suit.
  • Certains étudiants aiment le recours aux cartes conceptuelles. Elles peuvent être plus longues à préparer qu’un résumé, mais leur côté visuel aide.

Les révisions

  • Comme notre cerveau trie les informations la nuit, il peut être utile de réviser avant de se coucher. Par contre, rien ne sert de simplement relire, il faut se poser des questions, soit à partir des mots-clés notés (méthode Cornell), soit en fabriquant des « flash cards ».
  • Si vous faites vos propres cartes, certains étudiants trouvent utile d’associer des concepts à des images (moyen mnémotechnique).
  • Expliquer la matière aux autres est aussi un bon moyen de vous assurer que vous avez compris. Pour cela, travailler en groupe peut être une bonne chose : chacun pourra ajouter des détails ou valider les informations que vous avancez.

Gestion du stress

  • Pour mieux gérer votre stress, l’essentiel c’est de ne pas avoir l’impression de manquer de temps. L’organisation est donc primordiale! Par ailleurs, il ne faut pas non plus négliger vos loisirs : pratiquer régulièrement un sport et garder du temps pour sortir est nécessaire.
  • Dans un deuxième temps, il est nécessaire de se rappeler que ce n’est pas vous personnellement qui êtes noté, mais que votre note reflète simplement l’état de vos apprentissages à un moment donné. Ne vous fixez donc pas un objectif en termes de note, mais voyez plutôt les apprentissages réalisés.
  • Apprenez à voir le côté positif de vos déceptions. Un acronyme anglais bien connu indique que « FAIL is a First Attempt In Learning ».
  • Aussi, de nombreux sites vantent les mérites de la pratique régulière de la méditation, qui permet par la suite de compter sur des exercices de respiration pour apaiser vos craintes. RespiRelax, Petit Bambou (en français), Headspace, Calm et Pacifica (en anglais).
  • Enfin, il existe un outil éducatif de gestion du stress et des émotions axé sur la résolution de problèmes créé spécialement pour les étudiants, sous la forme d’une application gratuite.
  • Si vous n’aimez pas beaucoup les applications, vous pouvez tenir un journal réflexif pour vous aider. Dans un tel journal, vous noterez les difficultés rencontrées, les méthodes trouvées pour les surmonter, vos émotions, vos craintes, mais aussi vos forces. Par la suite, vous pourrez voir émerger des tendances et des solutions qui fonctionnent pour vous.

Prenez le temps de réfléchir à votre situation et demandez-vous quels éléments mettre en place afin de vous simplifier la vie. N’hésitez pas à essayer certaines solutions proposées, même si vous jugez votre technique actuelle efficace : parfois, le changement est une bonne chose.