RÉDIGER UNE LETTRE DE MOTIVATION

Si l’on entend souvent dire que les employeurs ne lisent pas les lettres de motivation, il n’en demeure pas moins qu’elles sont nécessaires. Bien écrites, elles sont lues et peuvent faire la différence. Une lettre de motivation ne doit pas être générique, mais plutôt savamment songée pour retenir l’attention, en fonction du poste visé.

Quelques conseils généraux avant de commencer 

La première erreur à éviter, c’est d’adresser votre lettre « À qui de droit » ou à « Madame, Monsieur ». Si la personne en charge du recrutement n’est pas précisée sur l’offre d’emploi, faites les recherches nécessaires (sur le site de la compagnie ou en appelant directement) afin d’obtenir le nom de la personne qui lira votre lettre. Il s’agit là d’une politesse élémentaire, malheureusement souvent négligée.

Votre lettre ne doit pas reprendre les éléments de votre curriculum vitae, qui sera joint à l’envoi de toute manière. Elle va compléter les informations indiquées dans votre CV (donc, votre formation et vos expériences de travail).

Si vous envoyez votre candidature par courrier (oui, c’est encore possible!), votre lettre doit être soignée (papier blanc et de bonne qualité, paragraphes clairement séparés) et tenir sur une page. Fini le temps des lettres manuscrites, il est maintenant acceptable de la préparer sur un traitement de texte et de l’imprimer. Vous vous assurerez que votre lettre ne contienne aucune faute d’orthographe ou de grammaire, d’autant que vous disposez de tous les outils informatiques pour éviter ce faux-pas.

Enfin, si vous avez un profil LinkedIn ou une présence marquée sur les réseaux sociaux, assurez-vous que les informations qui s’y trouvent sont à jour et qu’elles ne contredisent pas votre CV.

Se mettre à écrire

Généralement, le plan de votre lettre adoptera l’une des deux formes suivantes :

  • paragraphe d’introduction, « moi », « vous », « nous », conclusion
  • paragraphe d’introduction, « vous », « moi », « nous », conclusion.

Voyons maintenant ce que chacune de ces parties devrait contenir.

Le paragraphe d’introduction : Soignez-le, c’est celui qui donnera envie de lire, ou non, votre lettre. Votre amorce doit donc donner le ton et piquer la curiosité. Bien entendu, vous commencerez par préciser pour quel poste vous postulez (après tout, l’entreprise peut recruter pour plusieurs postes en même temps) et indiquerez immédiatement pourquoi vous pensez être la personne idéale pour le poste. Soyez direct sans être arrogant. Votre paragraphe d’introduction doit demeurer très court.

« Moi » : Indiquez pourquoi le poste vous intéresse, pourquoi vous voulez travailler dans cette entreprise et pas une autre. Récapitulez brièvement pourquoi vous avez les compétences requises pour le poste proposé. Si vous avez déjà eu une expérience pertinente que vous n’avez pas pu détailler dans votre CV, voici votre chance de le faire (ex : Lors de mon stage chez XYZ j’ai pu démontrer mes compétences de gestion de projet en réalisant…).

« Vous » : Ne tombez pas dans les généralités, mais indiquez en quoi la situation de l’entreprise est pertinente pour vous. Il s’agit ici de montrer à un employeur potentiel que vous vous êtes renseigné sur l’entreprise et que vous savez dans quoi vous mettrez les pieds s’il vous embauche. Cela démontre aussi que vous n’envoyez pas la même lettre à tout le monde et que vous prenez votre candidature au sérieux.

« Nous » : Montrez en quoi votre embauche pourrait faire une différence. Énoncez des faits (Ex : L’an passé, mon chiffre d’affaires a progressé de 15 %), et non des banalités (Ex : Je suis le meilleur vendeur en ville).

Conclusion : Vous pouvez ici, en une phrase, résumer votre lettre, mais il faut surtout poser une action, celle de proposer un rendez-vous. Cette partie doit être très courte, et votre demande de rendez-vous doit être formulée poliment, mais fermement (il n’est pas question ici de supplier qu’on vous accorde un rendez-vous).

lettmotiv

Pour aller plus loin :

La page la plus exhaustive : http://www.contratdapprentissage.fr/comment-faire-une-lettre-de-motivation.php

Pour se préparer à rédiger : http://www.metiersducommerce.fr/pdf/comment_rediger_une_lettre_de_motivation.pdf

Pour des exemples :http://www.lexpress.fr/emploi/lettre-de-motivation-une-structure-en-trois-parties_1515864.html

Pour rédiger une lettre, quand vous avez déjà des expériences nombreuses et diverses, qui pourraient effrayer un employeur potentiel : http://www.lexpress.fr/emploi/conseils-emploi/lettre-de-motivation-comment-decrire-des-experiences-diversifiees_1670740.html

http://etudiant.aujourdhui.fr/etudiant/info/lettre-de-motivation.html

http://www.stepstone.be/Conseils-de-Carriere/Trucs-astuces/comment-rediger-une-lettre-de-motivation-bien-structuree.cfm

https://www.linkedin.com/pulse/comment-rédiger-une-lettre-de-motivation-convaincante-frédéric-seux

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Pour une prise de notes + efficace

Bien que l’année scolaire touche à sa fin, je voulais ajouter un billet sur la prise de notes, un talent bien utile et pourtant souvent laissé en friche, autant par les étudiants que par les professionnels, dans un monde où la technologie semble capable de résoudre tous les problèmes.

La prise de notes est la première étape vers l’appropriation du savoir

college-students-taking-notes-classroomSelon une étude publiée dans la revue « Psychological Science » en avril 2014, la prise de notes à la main favorise la compréhension. Les chercheurs montrent aussi que les étudiants qui prennent leurs notes directement sur un ordinateur ont tendance à recopier textuellement et sont donc moins capables de reformuler les informations présentées.

Que vous soyez étudiant ou professionnel, la prise de notes est un outil indispensable. En effet, nous oublions jusqu’à 80 % de l’information que nous entendons ou lisons. Pour pallier ce défaut de mémorisation et afin de pouvoir restituer de façon objective et claire la pensée d’un conférencier, d’un enseignant ou d’un auteur, vous trouverez quelques principes de base pour une prise de notes efficace.

Prendre des notes, c’est avant tout retenir l’essentiel d’un cours ou d’un exposé

Que ce soit en vue de réaliser un compte-rendu ou un rapport, prendre des notes reste un exercice difficile, car il faut faire deux choses à la fois : écouter et écrire. En outre, il y a un gros décalage entre le débit oral moyen qui est de 150 mots à la minute et le rythme de la rédaction qui est de 27 mots à la minute.

Il ne s’agit donc pas de tout noter ni même de chercher à en noter le maximum, mais bien de ne saisir que l’essentiel. La prise de notes consiste d’abord en un travail de sélection et de synthèse du discours avant sa restitution sur le papier.

Votre prise de notes doit avoir deux objectifs :

  • Figer la pensée de l’auteur d’un discours ou d’un texte sur le papier, afin de pouvoir vous souvenir de ce contenu lors de la relecture de vos notes.
  • Isoler la substantifique moelle du discours afin de faciliter votre assimilation et votre mémorisation.

Voici 7 étapes clés pour une prise de notes efficace :

 1. Avant tout, être attentif et se mettre en mode « écoute »

Fermez votre cellulaire et oubliez les réseaux sociaux le temps de la rencontre. Choisissez votre place dans la salle pour bien voir, sans être distrait ni dérangé.

Rappelez-vous qu’il faut seulement prendre en notes les idées essentielles et laisser de côté les exemples, sauf s’ils sont susceptibles d’apporter un complément d’information. Donc, avant de commencer à noter quoi que ce soit, écoutez et assurez-vous que vous avez bien compris le contenu du message.

 2. Comprendre ce que l’on va prendre en note

Pour être efficace, la prise de notes suppose d’avoir été préparée. Pour cela, vous devriez vous informer au minimum de quoi il va être question.

Avant un cours, consultez le plan de cours et les lectures recommandées. Avant une réunion, récupérez l’ordre du jour et les compte-rendu des interventions précédentes. Avant une conférence, essayez de vous procurer le plan de l’intervention de l’orateur, renseignez-vous sur lui sur Internet. Vous identifierez des éléments en rapport avec le thème abordé. Vous vous familiariserez ainsi avec les sujets, le jargon, un style. Et votre compréhension en sera facilitée.

 3. Choisir l’outil qui vous convient

Pour être à l’aise durant la prise de notes, munissez-vous d’un petit cahier ou d’un bloc de papier pour éviter les feuilles volantes. Évitez les stylos de couleurs différentes, qui vous obligeraient à jongler durant la rédaction. Si vous maniez bien l’écriture numérique (tablette, smartphone ou PC), vérifiez que tout fonctionne, avec les logiciels adéquats.

4. Utiliser abréviations et symboles sans modération

Pour noter plus vite, il faut vous débarrasser de tout ce qui n’est pas indispensable à la compréhension. Autrement dit, à bas les articles et vive les verbes à l’infinitif! Ayez le plus souvent recours aux abréviations. N’essayez pas d’écrire les mots en entier, c’est une perte de temps. Vous pouvez par exemple décider d’écrire gvt pour gouvernement ou W pour travail. Utilisez des signes mathématiques (=, +, ≥… )

À chacun sa méthode, mais quand vous aurez choisi une abréviation, vous devrez vous y tenir, au risque de ne plus vous y retrouver quand vous relirez vos notes.

5. Rédiger avec la méthode linéaire

C’est la méthode la plus pratique si vous n’avez pu eu le temps de vous préparer :

  • Notez les idées dans le même ordre que celui de la présentation. Restez attentifs aux développements suivant les grands titres, ils résument souvent l’idée essentielle du développement à venir
  • Gardez une marge pour ajouter des remarques durant l’exposé, ce qui vous évitera de les gribouiller n’importe où. Notez les expressions et phrases clés répétées plusieurs fois, car elles marquent l’insistance sur une idée, sur un point phare de la présentation.
  • Décalez les titres et les sous-titres vers la droite selon leur niveau d’importance, pour visualiser en un coup d’œil le plan. Indiquez les informations à retenir par des flèches.

Si vous avez pris le temps de vous préparer soigneusement à la prise de notes, vous pouvez  choisir de rédiger selon la méthode non-linéaire, qui demande à la fois créativité et logique :

  • La carte mentale convient bien à ceux qui ont l’esprit de synthèse. Il s’agit de poser le sujet central au milieu de sa page puis de développer des branches au fur et à mesure de la discussion. L’avantage est de pouvoir se concentrer sur les idées exposées et non sur les termes prononcés.ec801f38094beb2833e56fb35c944e69.jpg
  • Faites des schémas et des tableaux pour une plus grande compréhension et une prise de notes plus rapide.

6. Écrire ce qui n’est pas mémorisable

Notez les noms, les dates, les valeurs numériques, quitte à faire répéter l’intervenant.

7. Relire et compléter vos notes dans les 24 h.

Passé ce délai, vous aurez déjà oublié 50 % de ce vous avez entendu. Pour compléter vos notes, ajoutez des liens logiques, mettez de la couleur, surlignez les points capitaux. N’attendez pas une semaine avant de vous relire, au risque de ne plus rien y comprendre.

Ce travail de relecture est essentiel, afin de pouvoir corriger et compléter vos notes tant que le contenu de la présentation est encore frais dans votre mémoire.

Derniers conseils

  • Soyez ouvert et objectif : Votre jugement personnel sur le sujet abordé ne devrait pas entrer en ligne de compte dans votre prise de notes.
  • Ne tentez pas de paraphraser : Il est plus facile et plus rapide de  reformuler avec vos propres mots. Vos notes iront ainsi directement à l’essentiel. C’est lors de la relecture finale que vous pourrez ajouter des notes et des commentaires.
  • Une bonne présentation est censée rappeler 3 fois les points importants : Vous devriez donc avoir la possibilité de compléter vos notes tout au long de la présentation, sur la base du plan annoncé en introduction, durant le développement des idées et à la conclusion. Posez des questions à la fin de la présentation, si vous avez besoin de compléter vos notes
  • L’orateur est votre ami : De nombreux indices vous permettront de cerner les idées essentielles qu’il veut vous transmettre. Son non-verbal (gestes, posture, ton de sa voix) indique souvent une notion importante. Un élément de la présentation peut aussi être souligné ou mis en évidence par de la couleur ou sa position.

L’art du résumé (2)

Résumé, compte rendu ou commentaire, comment les distinguer?

Premièrement, précisons que résumé et compte rendu désignent souvent la même chose. Par contre, il existe plusieurs types de résumés (ou comptes rendus) selon la profondeur de l’analyse demandée. Quant au commentaire, il s’agit d’un travail s’intéressant à un seul aspect de l’article original et il cherche donc à répondre à une question précise.

Quel que soit le travail à faire, les étapes préparatoires demeurent les mêmes :

Étape 1 : lire le texte en entier, afin d’en prendre connaissance. À cette étape, vous devriez chercher dans un dictionnaire la signification des mots que vous ne connaîtriez pas.

Étape 2 : relire le texte et repérer les mots clés et les idées principales. Notez-les sur une feuille, en compagnie des mots de liaison, qui vous permettront de mettre au jour la structure interne du texte.

Étape 3 : compter le nombre de mots du texte d’origine (approximativement, en comptant le nombre de mots par ligne dans une dizaine de lignes prises au hasard et en multipliant le nombre moyen de mots ainsi obtenu par le nombre de lignes du texte). Rappelons que certains logiciels (dont CountAnything, sur PC) permettent de vous indiquer le nombre de mots d’un texte obtenu au format pdf ou autre.

Étape 4 : rédiger.

 

Étude de cas

Avant de poursuivre votre lecture, je vous invite à lire l’article ci-dessous :

« Les épées de Damas : une légende forgée dans l’acier », Guerres & Histoire, n° 21, octobre 2014, Mondadori France, pp. 80 à 82 (GH21p80, GH21p81, GH21p82)

  1. Avez-vous rencontré des difficultés et cherché des mots inconnus?
  2. Avez-vous repéré les mots clés et noté les idées principales?
  3. Avez-vous un objectif à atteindre (sur les 1445 mots estimés)?
  4. Êtes-vous prêts à rédiger?

 

  1. Le résumé informatif (longueur visée : 10% du texte original)

Les épées de Damas étaient, au Moyen Âge, les meilleures armes disponibles. Elles ont été découvertes par les Occidentaux durant la IIIe croisade (1189-1192), alors qu’ils affrontaient les armées de Saladin. Il s’agit d’épées droites à double tranchant en acier, mais leur lame ne brille pas : l’acier est terne et strié de millions de lignes sinueuses. L’alliage spécial propre à ces épées provenait du sud de l’Inde et de l’actuel Sri Lanka où le minerai était fondu à une température de 1400°, exceptionnelle pour l’époque. Vu leur qualité (et leur prix), ces lames étaient réservées aux seigneurs.

Au XVIIIe siècle, le secret de la fabrication des lames de Damas se perd, probablement en raison de l’épuisement des mines qui fournissaient le minerai unique nécessaire. En 1993, un métallurgiste américain parvient à retrouver le procédé de fabrication, recherché depuis 1924.

140 mots

 

  1. Le résumé analytique (longueur visée : 20% du texte original; ajouts en rouge)

Les épées de Damas étaient, au Moyen Âge, les meilleures armes disponibles. Elles ont été découvertes par les Occidentaux durant la IIIe croisade (1189-1192), alors qu’ils affrontaient les armées de Saladin. Il s’agit d’épées droites à double tranchant en acier, mais leur lame ne brille pas : l’acier (appelé wootz, un mélange de fer et de carbone contenant des traces de vanadium) est terne et strié de millions de lignes sinueuses. L’alliage spécial propre à ces épées provenait du sud de l’Inde et de l’actuel Sri Lanka où le minerai était fondu à une température de 1400° qui était atteinte grâce à des hauts fourneaux placés à flanc de montagne et alimentés en air par des tubes qui recueillaient des vents puissants et réguliers. Ce n’est qu’au XIXe siècle que les métallurgistes européens ont pu atteindre les mêmes températures. Vu leur qualité (et leur prix), ces lames étaient réservées aux seigneurs.

Au XVIIIe siècle, le secret de la fabrication des lames de Damas se perd, probablement en raison de l’épuisement des mines qui fournissaient le minerai unique nécessaire et de l’essor des armes à feu. En 1993, un métallurgiste américain parvient à retrouver le procédé de fabrication, recherché depuis 1924, date à laquelle la composition précise de l’alliage a été découverte.

En conclusion, le savoir-faire empirique des artisans indiens aura aiguillonné pendant des siècles les recherches des artisans européens, menant à l’essor de l’artillerie. De plus, il s’agit d’un des premiers exemples de mondialisation : les lames de Damas étant exportées dans le monde entier.

264 mots

 

  1. Le résumé critique (selon la longueur visée, choisir le premier ou le deuxième résumé, puis ajouter une partie critique)

Si cet article regorge d’informations, je regrette toutefois que certaines pistes soient lancées et non explorées. Ainsi, l’auteur indique que les exportations de wootz expliqueraient l’exceptionnelle qualité de certaines épées vikings entre le IXe et le XIe siècles, sans cependant préciser ce que ces dernières ont de remarquable. De la même manière, il prétend que le wootz était plus recherché que l’or, sans étayer cette information. Enfin, s’il spécifie dans le sous-titre qu’il n’est pas question de sorcellerie, il fait tout de même mention de la valeur surnaturelle attribuée à ces armes, qui seraient capables de guérir les blessures. Par contre, j’ai aimé que l’auteur ne se contente pas d’une partie historique et qu’il précise ce que sont devenues ces armes : des objets de collection, certes, mais aussi des objets de recherche. La réussite des artisans indiens est d’autant plus remarquable que ces armes n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

+ 152 mots

Note : S’il s’agissait d’un texte argumentatif, ma critique porterait sur les problèmes relevés dans l’argumentation et non seulement sur les faits présentés.

 

  1. Le commentaire (longueur visée : 25% du texte original)

Pourquoi les épées de Damas sont devenues légendaires?

Ces épées ont été découvertes par les Occidentaux lors de la IIIe croisade (1189-1192) alors que les armées de Saladin, plutôt que d’affronter la puissante cavalerie européenne, adoptaient la tactique du harcèlement pour séparer les unités. Ces lames à double tranchant permettaient de porter des coups de taille (de bas en haut), mais aussi d’estoc (coups pénétrants) puisque leur extrémité était dure et pointue. Cette multifonctionnalité, couplée avec la résistance de la lame, en faisait une arme redoutable, réservée aux seigneurs vu son prix.

Malgré leur nom, ces épées ne provenaient pas de Damas mais plutôt du sud de l’Inde et de Ceylan, où un alliage (appelé wootz) de fer et de carbone comportant des traces de vanadium était porté à des températures incroyables pour l’époque (1400°) grâce à des hauts fourneaux installés à flanc de montagne et alimentés par de forts vents. Les métallurgistes de la région étaient à ce point célèbres que leurs armes étaient recherchées dans le monde entier. D’ailleurs, les lingots de wootz ont été exportés par caravane ou par la mer vers la Chine, la Perse, le Proche-Orient, la Russie et la Scandinavie.

À l’époque, les étranges motifs qui se trouvent sur ces lames ternes, qui s’expliquent par la présence de vanadium dans le minerai de fer, donnaient aux lames une valeur surnaturelle. On les prétendait capable de guérir les blessures. Autant que la qualité des lames, de telles superstitions ont contribué à faire la renommée de ces armes.

À l’heure actuelle, c’est également leur rareté qui leur donne une valeur supplémentaire. En effet, des milliers d’épées en wootz ont été détruites par les Britanniques après la révolte des cipayes en 1857. Puisque le savoir-faire nécessaire s’est éteint au XVIIIe siècle et que les mines sont épuisées, les armes restantes sont autant de trésors historiques à protéger.

Si les critères qui distinguent les épées de Damas des autres armes de l’époque sont exposés et expliqués, il aurait pu être souhaitable d’indiquer comment elles sont devenues légendaires. Les chevaliers de l’époque s’extasiaient-ils devant les armes de leurs adversaires ou sont-elles devenues célèbres plus tard?

356 mots

Note : Puisqu’il s’agit d’un texte informatif (et non argumentatif), ma partie critique est plus courte qu’elle ne devrait l’être. Dans un texte argumentatif, j’aurais pu soulever les failles dans le raisonnement.

 

L’art du résumé (1)

Comment trouver les idées principales?

Qu’il s’agisse de prendre des notes ou de rédiger un résumé, il est important de savoir trouver les idées principales d’un cours (oral) ou d’un texte (lecture).

Voici une méthode éprouvée reprise par de nombreux sites :

Avant de commencer, il faut toutefois distinguer le sujet (du cours ou du texte) de l’idée principale en posant la question : « De qui ou de quoi parle-t-on dans ce texte ou ce paragraphe? » La réponse à cette question est le sujet du texte, et non une idée principale.

Pour trouver une idée principale explicite, se poser la question : « De qui ou de quoi parle-t-on? » puis choisir une phrase qui pourrait représenter l’idée principale du paragraphe : « Quelle phrase représente les informations importantes et inclut le sujet? ». Ensuite, valider ce choix en se demandant : « Est-ce que presque toutes les phrases peuvent se rattacher à la phrase contenant l’idée principale? » (exemples ou détails complémentaires).

L’idée principale se trouve souvent au début du paragraphe, mais peut également se trouver au milieu ou à la fin. Dans les trois exemples ci-dessous, les phrases contenant l’idée principale sont soulignées :

Humaniste honorée internationalement, Lucile Teasdale a été l’une des premières femmes chirurgiens du Canada. En 1985, elle a contracté le SIDA dans le cadre de son travail en Ouganda. Malgré sa maladie, elle a continué de soigner les blessés jusqu’à 1993, trois ans avant sa mort.

Le corail a créé un récif où vivent plus de 200 espèces d’oiseaux et environ 1 500 genres de poissons. En fait, la grande barrière de Corail procure un habitat à une foule d’animaux intéressants. Parmi ces animaux, mentionnons les tortues de mer, les grands bénitiers, les crabes et les couronnes d’épines.

 Il fait nuit six mois par an en Antarctique, de la mi-mars à la mi-septembre. Toute l’année, le continent est couvert de glace qui reflète la lumière du soleil, mais le temps ne se réchauffe jamais vraiment. En fait, la température la plus froide jamais enregistrée l’a été en Antarctique. L’Antarctique possède un des environnements les plus hostiles au monde.

Pour trouver une idée principale implicite (sous-entendue, mais non formulée), se poser la question : « De qui ou de quoi parle-t-on? » puis choisir les éléments essentiels de ce qui est dit sur le sujet en se demandant : « Quelle est la chose la plus importante que l’auteur veut me dire dans son texte? ». Rédiger une phrase qui inclut le sujet et les points saillants du paragraphe. Ensuite, afin de valider l’exactitude du résultat, se demander : « Est-ce que les autres phrases se rattachent à la phrase rédigée? »

Ainsi, dans le paragraphe suivant,

Le plus gros hippocampe jamais observé mesurait 45 cm de long. Les gros hippocampes vivent sur les côtes, de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie et de la Californie. Les petits hippocampes vivent au large de la Floride, dans la mer des Caraïbes et dans le golfe du Mexique. Le plus petit hippocampe adulte jamais trouvé mesurait seulement 1,3 cm de long.

l’idée principale implicite est que la taille des hippocampes varie en fonction de la région où ils vivent (vous l’aviez trouvé, bien sûr!).

AIDE-MÉMOIRE POUR UNE TRADUCTION

Avant de traduire :

☐ Demander au client des précisions complémentaires (utilisation du texte, public ciblé, nouvelle ou ancienne orthographe, conversion des mesures et devises, ponctuation canadienne ou européenne[1], etc.), avant de négocier le tarif et les délais.

☐ S’assurer de comprendre le sujet du texte ou faire des recherches (encyclopédie).

☐ Lire le texte intégralement.

Au fil de la lecture :

☐  Identifier les unités de sens, les anaphores et les charnières.

☐ Souligner les mots inconnus.

☐ Faire ressortir la cohérence, la logique qui se dégage.

☐ Repérer les phrases complexes sur le plan syntaxique.

☐ Porter attention au style général (longueur de phrases, répétitions) et aux temps de verbe.

☐ Relever les allusions culturelles (sont-elles connues des francophones? faudra-t-il les remplacer?).

☐ S’assurer d’avoir compris le propos du texte (voir Annexe).

☐ Si nécessaire, faire des recherches complémentaires sur le sujet traité.

☐ Faire les recherches terminologiques appropriées.

☐ Penser à vérifier l’orthographe des noms propres étrangers, qui diffère souvent

☐ Mettre à jour vos favoris Internet avec les nouveaux liens fiables et pertinents.

☐ Préparer la mise en page (marges, police, espacement des lignes et des paragraphes, etc.).

☐ Sauvegarder votre document sous un nom et dans un dossier adéquats.

 

Au cours de la traduction :

☐  Il est important de douter de sa compréhension du texte et de s’attarder sur les passages qui semblent ambigus.

☐ S’adresser au public cible, tel que défini avec le client (destination du texte).

☐ S’assurer de respecter le niveau de langue, la variété et le ton appropriés.

☐ Éviter les ajouts (explicitations).

☐ Ne pas respecter aveuglément la ponctuation originale ou le formatage du texte (italique, guillemets, majuscules).

☐ Idéalement, faire un premier jet d’un seul trait (sans s’arrêter) puis retravailler phrase par phrase en comparant la VO et la traduction.

☐ Faire attention aux temps de verbe utilisés (logique temporelle) et à la concordance des temps.

☐ Éviter les redondances et répétitions.

☐  S’assurer de la clarté et de l’idiomaticité des formulations.

Après la traduction :

☐  Passer un correcteur orthographique (Antidote).

☐  S’assurer que les espaces insécables aient été mises (entre les nom et prénom, dans les chiffres, entre le jour et le mois et l’année, etc.) (Antidote)

☐  Remplacer tous les traits d’union par des traits d’union insécables (CTRL ou CMD + MAJ + trait d’union)

☐  Relire le texte deux fois : la première (révision unilingue) pour s’assurer du contenu, de la langue, du style et de la présentation, la seconde (révision bilingue) pour le transfert

☐  S’assurer de l’uniformité terminologique (ne pas avoir multiplié les synonymes au point que le propos manque de clarté; dans les énumérations ou les titres, n’avoir que des noms ou que des verbes mais pas un mélange des deux; avoir toutes les mesures et devises dans la même unité; etc.)

☐  Vérifier l’exactitude des éléments factuels (hauteur des bâtiments, dates d’événements historiques, etc.)

☐  Si des modifications ont été apportées, repasser le correcteur orthographique.

☐  Faire une dernière lecture du texte imprimé.

 

Annexe[2]

Si vous avez bien lu le texte, vous devriez être en mesure de répondre aux questions suivantes :

Qui?

☐ Qui est l’auteur du texte? Que sait-on de lui? Quelle est sa position sur le sujet abordé?

☐ De quel type de texte s’agit-il? (Journalistique, scientifique, éditorial, etc.)

Quoi?

☐ Quel est le sujet du texte? Que nous apprend le texte?

☐  Quelles sont les idées principales du texte?

☐ Quel est le public visé par le texte? (Variété de français, utilisation d’un jargon, etc.)

☐  Quelle est la destination du texte? (Site Internet, publication, etc.)

☐ Quel est l’objectif de l’auteur et comment s’y prend-il pour y arriver?

Comment?

☐ Quelle est l’intention du texte? (Information, propagande, etc.)

☐ Quelle est la structure du texte (logique interne, temps de verbe, étapes du raisonnement)?

Où?

☐ Où se déroulent les faits pertinents?

☐ Où le texte a-t-il été écrit?

Quand?

☐ Quand se déroulent les faits pertinents? S’agit-il d’une époque particulière?

☐ Quand le texte a-t-il été écrit : au même moment (à chaud) ou plus tard (recul)?

Pourquoi?

☐ Pourquoi les faits pertinents ont-ils eu lieu?

☐ Quels sont les faits, les causes et les conséquences?

 

 

[1]    Au Canada, les signes de ponctuation double ne sont pas précédés d’une espace insécable, sauf le deux-points. En Europe, les signes de ponctuation double sont précédés d’une espace insécable (incluant le point-virgule). Si votre variété de langue est bien choisie (Outils/Langue), Word placera les espaces correctement et Antidote repèrera toute erreur.

[2]    Cette méthode a été adaptée du document Méthodologie au collège du CNED.